Octobre est le Mois de la sensibilisation au cancer du foie. C’est l’occasion de mieux faire connaître cette maladie, ses facteurs de risque et l’importance d’une détection précoce.
Pour ce billet de blogue, nous avons rencontré la Dre Jennifer Flemming, professeure de médecine et de sciences de la santé publique à l’Université Queen’s. Spécialiste en gastroentérologie, en hépatologie et en transplantation hépatique, la Dre Flemming traite des personnes à tous les stades des maladies chroniques du foie, y compris la cirrhose et le cancer du foie.
La Dre Flemming nous éclaire sur le lien entre la cirrhose et le cancer du foie, les personnes les plus à risque et l’importance d’un dépistage régulier et d’une détection précoce.
Quel est le lien entre la cirrhose et le cancer du foie, et pourquoi la cirrhose augmente-t-elle le risque de cancer du foie?
Parmi les personnes atteintes d’un cancer du foie, 90 % présentent une cirrhose. La cirrhose est caractérisée par une cicatrisation avancée du foie, qui résulte de nombreuses années d’inflammation et de lésions causées par différents facteurs. Cette inflammation chronique et ces lésions peuvent entraîner des changements dans les cellules du foie qui favorisent le développement d’un cancer.
Quelles personnes atteintes de cirrhose présentent le risque le plus élevé de cancer du foie?
Beaucoup d’études ont mis en évidence les facteurs qui accroissent le risque de cancer du foie chez les patients atteints de cirrhose. Les facteurs de risque les plus souvent cités sont les suivants : le sexe masculin, l’âge avancé, la présence d’une hépatite B ou C (surtout en l’absence de traitement antiviral), le diabète et une maladie du foie avancée accompagnée de signes d’insuffisance hépatique.
Comment surveille-t-on l’apparition d’un cancer du foie chez les personnes atteintes de cirrhose, et pourquoi un suivi régulier est-il important?
La plupart des organismes de lutte contre les maladies du foie dans le monde préconisent le dépistage du cancer du foie chez les personnes atteintes de cirrhose, car elles présentent un risque élevé. Les lignes directrices ne sont pas toutes identiques, mais elles recommandent généralement une échographie tous les six mois, accompagnée ou non d’un dosage sanguin de l’alpha-fœtoprotéine (un marqueur tumoral). Le dépistage est important, car le cancer du foie ne provoque généralement aucun symptôme, surtout à un stade précoce. Lorsque le cancer est détecté tôt, les possibilités de traitement et de guérison sont généralement beaucoup plus nombreuses. En revanche, lorsque le cancer s’aggrave au point de provoquer des symptômes, les possibilités de traitement curatif peuvent être plus limitées.
Le traitement ou la prise en charge de la cause sous-jacente de la cirrhose peuvent-ils réduire le risque de cancer du foie?
Oui, surtout pour les patients atteints d’hépatite B ou C. De nombreuses études ont montré que les traitements antiviraux peuvent réduire le risque de cancer du foie chez les personnes atteintes d’hépatite B qui répondent aux critères de traitement. De la même façon, chez les personnes atteintes d’hépatite C, l’obtention d’une réponse virologique soutenue (RVS) grâce à un traitement antiviral est associée de façon constante à une réduction du risque de cancer du foie. Il est donc très important que les personnes atteintes d’hépatite B ou C discutent avec leur équipe soignante des moyens de réduire leur risque de cancer du foie.
5. Au-delà de la cirrhose, quelles sont les principales choses à savoir sur le risque de cancer du foie et la détection précoce?
Tout ce qui peut causer des lésions et une inflammation du foie peut augmenter le risque de cancer du foie. Il est donc très important que les personnes atteintes de cirrhose évitent l’alcool, cessent de fumer, adoptent une alimentation saine et fassent régulièrement de l’exercice. Lorsque le cancer du foie est détecté tôt, les traitements peuvent donner d’excellents résultats et permettre de vivre longtemps. Les personnes atteintes d’une maladie chronique du foie devraient donc discuter avec leur équipe soignante de leur risque de cancer du foie, des moyens de le réduire et de l’importance d’un dépistage régulier.